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Penser des espaces, des lieux, des décors et tracer avec un corps, des lignes semblables à celles laissées sur un manuscrit.
Ne pas effacer les ratures, les nervures,construire des hyperboles, talquer des impressions iconographiques.
Algue ou Eve marines, c'est lorsque je n' ai plus pied que je me débats le mieux.
Mon appareil photographique est la bouée qui me supporte.
La nudité est à la portée de corps, un gage d'allégeance.
Un mot d' Elle, dans un cri sourd, avec des cordes d' attache pour cracher l'ancre (j' ai encore quelques cartouches).

Modèles pourtant sans visage comme si la bouche parolière était ailleurs, l'issue de secours est autre.
Je suis imprégnée par des courants d' eaux troubles et remuantes, des volcans dont les entrailles, tantôt tentaculaires, tantôt reptiliennes, se dressent finalement se cristalliser en vitraux d'ombres et de lumières.
La photographie s' élève en tourbillons, en spirales ascendantes, se stigmatise en dépôt et éclate
l'enlisement.
Malgré l'ébullition, propre à la création, il n' a pas d'évaporation.

Ma condensation est cette buée qui régénère dans une respiration, un souffle, un halètement.
Un allaitement ? L'acte photographique transpire dans une course puissante, une endurance.
Le retardateur de mon Dimage 7 est le chronomètre qui rythme et mesure des élans, des foulées à crampon :

Amour, Passion, Désir, Tourments sèment les balises désarmantes et combattantes d' une lame de fond où gronde une " flamme-amante ", dans un relais où le témoin me brûle les mains.


Emma Laroche
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